« Repenser la masculinité positive pour construire un foyer sans violence. Être un homme, est-ce dominer ou protéger sa femme ? ». C’est le thème autour duquel s’est tenue la séance de sensibilisation dans le cadre du projet (PAEG-1), soutenu financièrement et techniquement par des partenaires engagés dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment la Coopération suisse, le consortium RIFONGA-WANEP-FENEP et le cabinet PARTICIP GmbH. Sur les 53 personnes présentes, 39 étaient des hommes et 14 des femmes. Cette forte représentation masculine témoigne de l'intérêt suscité par une thématique qui interpelle directement les hommes sur leur responsabilité dans la prévention des violences et la recherche d'un meilleur équilibre au sein du foyer.

Les discussions ont permis d'interroger certaines habitudes dans les relations conjugales et familiales, tout en mettant en avant des valeurs essentielles : le respect mutuel, le dialogue, le partage des responsabilités et la gestion pacifique des désaccords.

Une projection vidéo éducative a notamment provoqué des réactions spontanées parmi les participants. L'un des témoignages les plus marquants est celui d'un père de famille qui a reconnu avoir renoncé, au dernier moment, à infliger une punition corporelle violente à son enfant. Sensibilisé par les enseignements de la séance, il a pris conscience de l'importance de privilégier l'écoute, la patience et le dialogue dans l'éducation de ses enfants. Un récit qui illustre concrètement la possibilité de faire évoluer les comportements à partir d'une prise de conscience.

Considérer la femme pour construire un foyer paisible

La place de la femme dans la construction du foyer a également occupé une partie des échanges. Les hommes présents ont reconnu l'importance d'accompagner leurs épouses dans leurs initiatives et de soutenir leur autonomisation. Loin de constituer une menace pour l'équilibre familial de la femme, représente, selon les réflexions partagées, un atout pour le bien-être du ménage et le développement de la communauté. Une vision qui invite à substituer les rapports de domination à une véritable dynamique de partenariat dans le couple.

Ainsi dans la continuité des activités du Programme d'Appui à l'Égalité de Genre, dont les bénéficiaires sont appelés à mettre en application les acquis de leur formation à travers des microprojets de restitution, Théodora Fassinou a fait recours au format « Atchakpodji » pour sa séance de restitution à Akpadahou. Ce qui lui a permis de rapprocher les messages de sensibilisation des réalités quotidiennes des habitants, en favorisant la prise de parole et le partage d'expériences.

Pour dire qu’au-delà de cette rencontre, l'enjeu reste celui d'une transformation durable des comportements au sein des familles. Car promouvoir la masculinité positive, c'est aussi rappeler que l'autorité ne se mesure pas à la capacité de dominer, mais à celle de construire un environnement familial fondé sur la confiance, la responsabilité et le respect de chacun.

 

E. Todjo